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Lindsay Thompson
Leucémie myélomonocytaire chronique

Lindsay Thompson

Leucémie myélomonocytaire chronique

AB
Canada

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Malgré les problèmes habituels et les problèmes (de santé chroniques) moins habituels, la vie continue. Chez nous, « Maman n’a pas dit son dernier mot! » est une de nos phrases préférées. Je suis toujours là pour donner des câlins, participer aux fous rir

En 2007, j’étais une mère typique. J’étais mariée et nous avions deux adolescents. Je travaillais en tant qu’infirmière clinicienne dans une clinique de maladies infectieuses pédiatriques et je prenais part à l’enseignement des soins infirmiers et à la recherche.

Mon monde a été chamboulé le jour où je me suis cogné le coude sur une table au travail. C’est ainsi que la leucémie s’est insinuée dans ma vie, comme elle le fait toujours : par hasard, de façon totalement inattendue. Elle reste dans l’ombre jusqu’à l’examen médical annuel, jusqu’à ce qu’on ait besoin d’une opération ou, dans mon cas, jusqu’à ce qu’on se cogne le coude. Comme j’avais une quantité inhabituelle d’ecchymoses à l’avant-bras, je me suis rendue à la clinique quelques jours plus tard. Les résultats de mes analyses sanguines de routine étaient anormaux et, lors du suivi du lendemain, j’en ai discuté avec l’infirmière. Elle m’en a donné une copie : je présentais une anémie grave et, pire encore, j’avais des blastes dans le sang, ce qui, je le savais, n’arrive qu’avec la leucémie.

Quatre jours plus tard, j’avais mon premier rendez-vous avec un hématologue, qui m’a expliqué ce qu’il pensait de mon cas et m’a prescrit un médicament oral. Après six semaines de traitement sans amélioration, j’ai subi la première de mes nombreuses ponctions de moelle osseuse. Les résultats indiquaient que j’étais atteinte de leucémie myélomonocytaire chronique, ou LMMC, un cancer du sang moins commun qui touche généralement les hommes de plus de 65 ans. J’étais une femme de 51 ans, comment pouvais-je connaître cette malchance?

J’ai été dirigée vers une clinique d’hémato-oncologie et je m’attendais à ce qu’on me dise qu’il faudrait patienter et observer l’évolution de la situation, puisqu’il était question d’une leucémie chronique, mais cette idée a rapidement été démentie : la LMMC se transforme souvent en leucémie myéloïde aiguë. L’équipe de greffe de moelle osseuse nous a informés, mon mari et moi, que nous devions décider de la suite. Je pouvais opter pour une greffe de cellules souches, avec tous les effets secondaires possibles que cela comprend, ou je pouvais ne rien faire et commencer le décompte des jours qu’il me restait à vivre. Mes enfants étant ma raison d’être, la greffe, qui me donnait une chance de survie, était à mes yeux la seule option.

Lorsqu’on se tourne vers la greffe de cellules souches, on s’engage à long terme. Bien que cela guérit la plupart des gens de leur leucémie, il y a, comme toujours dans la vie, un prix à payer. J’ai eu de nombreux problèmes de santé et j’ai dû séjourner à l’hôpital fréquemment après ma greffe. J’ai aussi une immunodéficience acquise qui nécessite des transfusions mensuelles. Je n’ai donc jamais pu reprendre le travail que j’aimais. Dans ma nouvelle réalité, j’ai fait face à des problèmes de santé mentale, et ma famille et mes amis, qui m’ont apporté un soutien extraordinaire, ont été entraînés dans mon expérience du cancer.

Mais alors, comment ai-je fait pour traverser cette épreuve?

Trois ans après ma greffe, j’ai eu la chance de rencontrer mon donneur, un homme qui a mis sa vie en suspend pour faire un don de moelle osseuse à une inconnue vivant dans un autre pays. Je lui ai promis que je donnerais au prochain en me consacrant à la formation professionnelle ainsi qu’au soutien des personnes touchées par un cancer du sang et à leur défense.

Depuis, j’ai occupé plusieurs fonctions à titre bénévole, notamment dans le programme Premier contact de la SLLC. Un des meilleurs cadeaux que l’on peut offrir à une personne est de comprendre ses peurs et ses préoccupations et de lui montrer que ses sentiments sont légitimes. Parler à quelqu’un qui a traversé les épreuves que l’on vit pour obtenir des conseils peut également rompre la solitude. Voilà comment les gens peuvent continuer à avancer.

Malgré les problèmes habituels et les problèmes (de santé chroniques) moins habituels, la vie continue. Chez nous, « Maman n’a pas dit son dernier mot! » est une de nos phrases préférées. Je suis toujours là pour donner des câlins, participer aux fous rires et offrir des perles de sagesse maternelle!

N’est-ce pas là le sens de la vie?

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Malgré les problèmes habituels et les problèmes (de santé chroniques) moins habituels, la vie continue. Chez nous, « Maman n’a pas dit son dernier mot! » est une de nos phrases préférées. Je suis toujours là pour donner des câlins, participer aux fous rir